Because there are glaciers flowing in us

Climate change is causing the melting of the Alpine glaciers. This, is disrupting not only the ecological balance but also the representation we have of this environment. The glacier is a central element in the pictorial mountain representation, then photographic. What happen when it is reduced to a congruent part nestled at high altitude? Are the Alps, and their imaginary world, going to be able to withstand the disappearance of their founding paradigm ?Observing the transformation of the alpine environment, I try to re-actualize their representations regarding the upheavals at work.

Hyper-mountain

Map & landscape From the Swiss maps at 25000e, I reproduce emblematics Alps mountains. The idea here is to take the mountain out of its map context topographic by retaining only the physical information of the territory, only relief. With charcoal, I reproduce the enlarged relief tracings that operate like an unfolding. I go through these chaotics reliefs with my hand to restore their coherence and complexities. I don't include glaciers leaving blank spots because between the topographical survey and the reality of today's, glaciers have receded and disappeared. I do the choice to leave a gap, which our imagination will fill. The map finally turned into a landscape.

Les chaos rocheux gagnent la montagne alpine au fur et à mesure que disparaissent les glaciers. Ces vastes
vallées empierrées progressent dans toutes les Alpes, en lieu et place des vallées englacées.

Un paysage apparaît comme indésiré, inattendu. Les populations alpines pleurent à raison ses glaciers (certains
disent perdre un membre de la famille), et se trouvent stupéfaites, atterrées devant la rapidité du phénomène : à la lettre,
nous sommes pétrifiés, comme rendu aux éboulis, paysage emblématique des Alpes de demain.

Jusque là point aveugle, l’éboulis de montagne était une des composante du paysage sans en être l’intérêt principal du
paysage. Aujourd’hui, il envahit le paysage par son étendu.

Dessiner un éboulis, devient pour moi une façon de m’approprier ce paysage indésiré. Une façon de “rentrer“ dans ce
paysage avec l’attention minutieuse à porter pour chaque pierre et comprendre de quoi il est fait. Il s’agit aussi de
représenter ce paysage que la vue nous pétrifie.

C’est aussi une façon de représenter les éléments pour ce qu’ils sont en tant qu’ils sont. Le peintre Gabriel Loppé peignait
avec beaucoup de minutie les roches, les glaciers, la lumière. Ce peintre m’intéresse car j’associe cette exigence de minutie
avec le regard du géomorphologue qu’il porte pour comprendre comment se disposent les éléments dans un apparent chaos. Gabriel Loppé a peint de nombreux tableaux sans humains dont le l’intérêt, à mon sens, était de s’approprier ces territoires englacées, nouveaux
pour l’époque, dont la conquête n’était pas que géographique, en atteignant les sommets, mais aussi esthétique :
donner à comprendre des paysages que l’on pouvait voir d’en bas en figurant matières et éléments, couleurs et lumière, forces et dynamiques, attraits et dangers. L’alpinisme s’est construit d’abord autour de ces images et ensuite la photographie a pris le relais.

Aujourd’hui, avec de nouveaux enjeux, ces territoires se découvrent de leur glacier, il s’agit de revenir et d’explorer à nouveau frais ces paysages. C’est une tentative que j’ai tenté réalisé avec ce dessin pour sortir de la pétrification que nous suscite ces pierriers et aller de l’avant.