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Parce qu'il coule en nous des glaciers

À paraître : "Parce qu'il coule en nous des glaciers" aux éditions Loco en septembre 202 avec une préface de Nastassja Martin.
Bientôt en ligne la souscription.

Le paysage des Alpes sans glaciers est un impensé, ce qui est le propre de la catastrophe en cours : c’est parce que nous nous refusons de regarder le paysage qui vient (de vaste champs de moraine et de pierre en lieu et place des glaciers) que l’horizon se bouche, s’effondre.
Démarré en 2004, je déploie une longue exploration des paysages alpins englacés. J’en tire une méditation en image et pousse mon propos jusqu’à photographier, ce qu’appelle Claude Reichler, des «effigies», des tas de pierre, des amoncellements morainiques, naguère charriés par les glaciers.
Je revendique les glaciers comme entité naturelle «sujet», soit un paysage sujet. Leur disparition m’affecte profondément et je ressens un réel deuil. L’épreuve de leur disparition m’a révélé que mes sentiments pour eux n’étaient pas du même ordre que pour la perte d’un objet. Nos deux seules catégories sujet/objet ne suffisent pas à rendre compte de la mosaïque de relations diverses que nous éprouvons parmi les êtres vivants.
En m’émancipant de ces catégories, je mets à l’épreuve la photographie, en quelque sorte, comme medium pouvant transmettre des variétés d’affects pour les glaciers comme un paysage sujet. Je fais cette hypothèse que par l’image photographique je puisse rendre compte de cette relation si particulière.
J’inscris alors mon travail photographique dans la tradition de la photographie documentaire, dans laquelle il s’agit de créer une catégorie nouvelle, celle des paysages sujets.

Ce travail a reçu les soutiens du CNAP (Centre Nationale d'Art Plastique) en 2021 et de l'AIC (Aide Individuelle à la Création) de la Drac Rhône Alpes en 2022.
Extrait de l'ouvrage à paraître aux Edition Loco "Parce qu'il coule en nous des glaciers".

Dôme du Goûter, 4304 m. Glacier des Bossons. Massif du Mont-Blanc, France.
Août 2022. Été caniculaire, sécheresse. Mi-août, il pleut tout de même et neige au dessus de 3200m à-peu-près, coupant le Mt-Blanc en deux : les hauteurs retrouvent leur blancheur alors que le bas reste dans le brun des poussières, pollutions et sables apporté par les vents du sud.